Changement de chemin dans la vie des Professionnelles du sexe

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Formations des jeunes Professionnelles du sexe. (Photo:PNUD/Y.Silva)

La problématique du VIH/SIDA est perçue comme une des maladies les plus graves de notre société contemporaine, donc la prévention est considérée par la communauté internationale comme l’une des mesures à prendre en compte. Les professionnelles du sexe à Sao Tomé et Principe ne sont toujours pas légales, il existe encore de nombreux préjugés pour qu’elles soient acceptées par la Société. Âgées entre 17 et 25 ans, la majorité d’entre elles ont des fils mineurs qui fréquentent l’école. Elles ont beaucoup de difficulté à subvenir à leurs besoins de façon durable et sont en quelque sorte obligées d’utiliser le sexe comme travail, car elles n’ont pas d’autres moyens de satisfaire leurs besoins. Elles prennent de nombreux risques, en pouvant contracter le VIH/SIDA, les autres maladies transmissibles et en étant à la merci de la violence des partenaires et clients.

 “Je passe la nuit sur le pont. Les fois où je suis sortie avec eux, je leur demandais 200 milles Dobras, mais ils me donnaient 100 ou 150 milles Dobras et m’ont battue de nombreuses fois. Je suis rentrée à la maison à pied très tard dans la nuit ”, précise Lara, une jeune obligée de se prostituer.

A Retenir

  • Formation de 51 professionnelles du sexe dans les domaines de la couture, de la cuisine et des petites entreprises;
  • 43% des formées ont un âge compris entre 17 et 25 ans;
  • 57% des formées ont participé à toutes les formations.

Pour que la vie des professionnelles du sexe change, un effort a été fait par le PNUD dans le cadre de projet de « Renforcement de la riposte au VIH/SIDA auprès des groupes vulnérables et des populations à risque de São Tomé e Príncipe », à travers la formation de ces filles pour amorcer un changement de vie.  

Ce projet a formé 51 professionnelles du sexe dans les domaines de la couture, la cuisine et des petites entreprises.  Dans le cadre de cette formation, 57% des filles ont souhaité participer dans toutes les sections de la formation, 35% des formées avaient un niveau de scolarité de base (école primaire) et 64% d’entre elles avaient fréquenté l’enseignement secondaire minimum (6ème année).

Les professionnelles du sexe ont suivi ces cours pour améliorer leurs  vies et pour pouvoir quitter leur travail sexuel. Désormais, elles peuvent travailler dans les domaines dans lesquelles elles ont été formées et garantir ainsi une amélioration de leur vie. Lara (nom fictif) dit que: “Dès que j’ai terminé ma formation, j’ai pu commencer ma propre entreprise dans les produits de revente. J’ai appris combien il était utile d’être indépendant et de ne plus être soumis aux comportements des autres. Aujourd’hui, je suis une nouvelle femme qui a découvert de nouvelles choses que je ne connaissais pas et qui sont devenues une leçon de vie. Merci à vous tous pour cette opportunité, et d’avoir pris ce type d’initiative pour aider les personnes qui sont dans cette situation. Il existe de nombreuses personnes qui sont encore dans la même situation que moi et qui  ont besoin de ce type d’appui”.

Avec au financement du PNUD-FG (Fond Globale), à travers le projet de « Renforcement de la riposte à l’épidémie du VIH/SIDA auprès des groupes vulnérables et des populations à risque de Sao Tomé et Principe », on note une diminution des professionnelles du sexe dans les rues.

L’action du Fond Globale sur le VIH/SIDA par le « Round 10 » est destinée à renforcer la riposte au VIH/SIDA à Sao Tomé et Principe, en mettant l’accent sur la formation et sur l’appui aux professionnelles du sexe et aux filles ayant un  comportement à risque, par le développement d’activités génératrices de revenu. Pendant deux ans, le Fond Globale a investi plus de 1 081 582 USD, afin de réduire la prévalence du VIH/SIDA, en focalisant son action sur deux groupes dans un premier temps et sur les autres groupes vulnérables, en y incluant les homosexuels dans un second temps. Une attention particulière a été donnée pour la pratique du sexe sûr et pour l’accès aux services sociaux de base, sans pour autant négliger la prévention.  Entré dans le champ de l’Institut National pour la Promotion de l’Égalité et de l’Équité du Genre (INPG), celui-ci n’a ménagé aucun effort afin de mener à bien une série d’activités, en collaboration avec l’ONG ALISEI, dans le cadre du programme “Renforcement de la riposte à l’épidémie du VIH/SIDA auprès des groupes vulnérables et des populations à risque de Sao Tomé et Principe”.