Sao Tomé-et-Principe en passe d’éliminer le paludisme

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Les mesures prises vont de la distribution de moustiquaires à la pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations. Photo: PNUD au Sao Tome

Anita, 19 ans, vit avec sa famille à Trindade, dans le district de Mé-Zochi, à Sao Tomé. Cette région infestée par les moustiques est aujourd’hui exempte de paludisme, un fait inimaginable il y a encore quelques années.

« Jusqu’il y a cinq ans, j’étais souvent malade du paludisme, explique Anita. L’hôpital était comme ma deuxième maison. »

« Aujourd’hui, grâce à la pulvérisation annuelle dans les maisons et aux moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée, ma famille est désormais en bonne santé. Nous sommes aussi moins envahis par les insectes », ajoute-t-elle.

Sao Tomé-et-Principe, qui bénéficie de l’appui du PNUD pour son programme national de lutte contre le paludisme, fait partie de l’avant-garde du combat contre la maladie en Afrique. Le pays n’a en effet enregistré aucun décès dû au paludisme en 2014, se plaçant ainsi en phase de pré-élimination de la maladie.

A retenir

  • Les cas de paludisme ont baissé de plus de 90% entre 2001 et 2010 à Sao Tomé; et il n’y a eu aucun décès lié à la maladie en 2014
  • 80% des ménages ont bénéficié de la campagne de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action
  • Le coût de la lutte contre le paludisme a chuté de plus de 98%
  • Le PNUD gère le programme avec un financement de US$ 11 millions du Fonds mondial

Les mesures prises vont de la distribution de moustiquaires à la pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations, deux stratégies qui ont porté leurs fruits : le coût de la lutte contre le paludisme a chuté de plus de 98 %, de même que le nombre d’absences scolaires.

Par ailleurs, le nombre de nouveaux cas de paludisme est passé de 39 à 11 pour mille habitants entre 2011 et 2014 et le nombre de décès est passé de 19 à zéro.

Pour renforcer et maintenir ces résultats, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a accordé près de 11 millions de dollars au projet géré par le PNUD, qui vise plus spécifiquement les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

L’initiative a ainsi permis de distribuer plus de 100 000 moustiquaires imprégnés avec des insecticides de longue durée, couvrant 80% des ménages du pays.

En partenariat avec le Fond mondial, le PNUD  procède aussi à importation de médicaments, produits antipaludiques  et  équipements de laboratoire nécessaires pour le pays. Les professionnels de santé et agents de santé communautaires sont formés à la gestion des cas de paludisme et les antipaludiques sont distribués gratuitement dans le secteur public moyennant une prescription médicale.

L’Afrique est le continent le plus touché par le paludisme, avec 80 % des 219 millions des cas estimés dans le monde en 2010, et 90 % des décès (OMS). Dans les pays fortement endémiques, on estime que le paludisme entraîne une réduction annuelle moyenne de la croissance économique de 1,3 %.

Mais, pour Anita et sa famille, le jour est proche où cette maladie mortelle et facilement évitable sera complètement éradiquée à Sao Tomé. « Ma vie a changé, je me sens loin du paludisme, dit la jeune fille. Mais je continue quand même à faire le ménage, à combler les marais et recueillir les déchets pour qu’il n’y ait pas de place pour la propagation des moustiques. »