Fin du paludisme en vue pour São Tomé e Príncipe

15 févr. 2016

Le nouvel accord financier entre le Fonds mondial et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à São Tomé e Príncipe cible les personnes les plus à risque de contracter le paludisme et ouvre la voie à l’élimination de la maladie dans le pays.

La subvention de 6 millions d’USD va mettre l’accent sur l’augmentation de la détection des cas de paludisme, l’élargissement de l’accès aux méthodes de prévention, comme les moustiquaires traitées à l'insecticide et la pulvérisation intra-domiciliaire, et le traitement des nouveaux cas. Il permettra également de renforcer les systèmes nationaux de surveillance épidémiologique et entomologique afin que les réponses robustes soient en place au moment où le pays rentre dans la phase finale de l’élimination de la maladie.

Au cours de la dernière décennie, le pays et ses partenaires, dont le PNUD et le Fonds mondial, ont fait des progrès remarquables dans la lutte pour contrôler le paludisme et l’empêcher de se propager. En effet, São Tomé e Príncipe a reçu le mois dernier son troisième Prix d’Excellence de la part de l’Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (ALMA) pour avoir atteint de l’Objectif 6 du Millénaire pour le Développement concernant le paludisme, qui appelait à renverser l’incidence du paludisme et autres maladies d’ici 2015. “Les prix sont une reconnaissance claire d’à quel point le pays est allé loin dans la réduction drastique du paludisme”, a dit José Salema, Coordonnateur Résident de l’ONU à São Tomé e Príncipe.

L’incidence annuelle du paludisme à São Tomé e Príncipe, qui a une population de 187,064 habitants, a chuté de 33,8 pour 1000 personnes en 2009 à 9,7 pour 1000 en 2014, selon le Rapport Mondial sur le paludisme de 2014. Cette même année, le pays a rapporté n’avoir eu aucun décès lié au paludisme. 

“La nouvelle subvention permettra de donner une poussée essentielle pour atteindre l’objectif final d’éliminer complètement cette maladie mortelle à travers le pays tout entier”, a précisé Mamisoa Rangers, Gestionnaire du Programme, Unité d’Appui au Projet Fonds mondial du PNUD à São Tomé e Príncipe.

La dynamique du pays vers l’élimination du paludisme est d’une importance cruciale pour atteindre l’Objectif de Développement Durable 3, adopté par la communauté internationale en septembre 2015, qui vise à “assurer une vie saine et à promouvoir le bien-être de tous à tout âge”, et spécifiquement la fin du paludisme, entre autres maladies, d’ici 2030.

Alors que l’île de Príncipe a maintenant atteint la phase de pré-élimination, São Tomé connaît de faibles taux de transmission. Le nouveau financement visera à réduire le nombre de nouveaux cas de paludisme à moins de cinq pour 1000 personnes sur l’île de São Tomé et à moins d’un cas pour 1000 à Príncipe.

La lutte contre le paludisme est vitale pour la santé des personnes vivant à São Tomé e Príncipe. Les nourrissons, les enfants de moins cinq ans, et les femmes enceintes ont particulièrement un risque de contracter et de développer de sévères formes de la maladie. Le nouveau programme va cibler ces groupes de manière spécifique.

En plus de ces effets directs sur la santé, le paludisme a un impact sur l’économie et le développement du pays en général. En Afrique seule, les maladies liées au paludisme et la mortalité coûtent à l’économie jusqu’à 12 milliards de USD annuellement. À São Tomé e Príncipe, les progrès récents dans la lutte contre le paludisme ont apporté une série d’avantages sociaux et économiques durables, tels que les enfants restant à l’école et les adultes restant employés.

“Le Gouvernement, ses partenaires et les habitants de São Tomé ont fait des progrès importants dans la réalisation du rêve d’un pays sans paludisme. Nous devons préserver les acquis”, a précisé Hamilton Nascimento, Coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme au Ministère de la santé.

“La même force utilisée que le pays pour combattre le paludisme doit maintenant être appliquée pour faire face à la Tuberculose et au VIH”, a dit M. Salema de l’ONU. “ Nous nous réjouissons de la poursuite de la collaboration entre le Fonds mondial et le PNUD pour obtenir de meilleurs résultats en matière de santé dans cet archipel magnifique” a-t-il précisé.

Selon les dernières estimations de l’OMS, il y avait 214 millions de nouveaux cas de paludisme dans le monde en 2015, dont 88% étaient en Afrique. En 2015, le paludisme a provoqué environ 438 000 décès dans le monde, dont environ 306 000 étaient des enfants de moins de 5 ans.

Information et Contact

São Tomé: Mamisoa Rogers, Gestionnaire de Programme, Fonds mondial à São Tomé
mamisoa.rangers@undp.org

New York: Sangita Khadka, Spécialiste en Communications, Bureau du PNUD pour                                                                                                                 la Politique et l’appui au Programme email: sangita.khadka@undp.org