Formation et mise en place d’activités génératrices de revenu pour les Travailleuses du Sexe

2 avr. 2013

Formation des Travailleuses du Sexe (Photo:PNUD/T.Sousa)

En 2013, le PNUD/Fond Global a lancé, avec l’appui de l’ONG ALISEI et de l’Association MOVE, un projet visant l’autonomisation des Professionnelles du sexe afin de leur permettre de développer des activités génératrices de revenu, dans le cadre du projet global du « Renforcement de la riposte contre l’épidémie du VIH/SIDA auprès des personnes vulnérables ». Ce projet s’est développé en trois phases distinctes à savoir la formation, la mise en œuvre des activités génératrices de revenu et l’accompagnement de ces activités.
 
Durant cette première phase, 50 professionnelles du sexe ont été identifiées et 45 se sont montrées intéressées pour faire une formation en activités génératrices de revenu (AGER). Du fait du nombre élevé de participantes, 2 groupes ont été formés afin de suivre les onze sessions de formation sur la gestion qui se sont déroulées en Février 2013 pour le premier groupe et en Mars 2013 pour le deuxième. Elles ont pu notamment suivre des cours sur les notions de bénéfice, de recette, de coût, comment remplir une feuille de caisse, la notion d’inventaire et de gestion des stocks ou bien le calcul du bénéfice. Ces cours ont eu du succès puisqu’au final 71% des filles ont assisté à 80% des sessions et plus de la moitié (57%) ont suivi toutes les sessions.

Ensuite, les filles devaient faire une formation plus technique, plus pratique soit dans le domaine culinaire soit dans le domaine de la couture en 10 sessions sur une période d’un mois et demi. En ce qui concerne la couture, le temps imparti s’étant révélé insuffisant, il a donc été prolongé. 8 ont suivi les cours sur la couture et 37 sur la cuisine. Dans cette première phase, les deux difficultés principales ont été la différence de niveau scolaire entre les formées, certaines n’avaient fait que le primaire et le temps de formation qui s’est au final révélé trop court. Par contre, il est important de souligner la forte adhésion des 45 professionnelles du sexe sur ce projet.

Au cours de la deuxième phase, des visites de terrain ont été organisées en Avril 2013 afin que les formateurs connaissent mieux l’endroit où les filles vivaient et où elles allaient développer leur commerce. De plus, des informations spécifiques sur leur vie personnelle ont pu être récoltées, notamment sur le nombre de personnes qu’elles ont à charge, sur le nombre de leurs enfants, sur leurs conditions socioéconomiques. Ces visites ont renforcé la relation de confiance entre les formées et les formateurs.

Après cette visite, une synthèse du plan d’entreprise individuel a été rempli par chaque fille afin d’expliquer son projet professionnel, à savoir, son profil, la caractéristique de son entreprise, l’impact sur sa famille, la fréquence suivie des formations. Les entreprises de revente ont majoritairement été choisies à savoir que 29% ont choisi une épicerie, 24% un magasin de friperie, 13% pour un magasin de couture et pour une pâtisserie, 7% pour la vente de boissons alcoolisées, 4% pour salon de beauté et enfin 2% à la fois pour un restaurant, pour la vente de poisson, pour le salage de poisson et pour la vente de légume et charbon de bois. Elles ont majoritairement choisi des entreprises dont la typologie est fortement présente à São Tomé e Príncipe.

Il est important de préciser que, par un manque d’argent dans le projet, 9 filles sur 45 n’ont pas pu soit mettre en place soit conclure leur projet d’entreprise. Une participation de 10% de la somme prévue a été demandée à chaque femme. 205,967,500 Dobras ont été utilisées pour la mise en œuvre des 36 commerces sur la prévision du montant de 247,178,360 Dobras nécessaires pour la mise en œuvre des activités. Pour les 9 filles qui n’ont pas pu développer leur entreprise par manque d’argent, il est prévu de décaisser cet argent au cours du premier trimestre 2014.
 
La troisième phase a consisté dans l’accompagnement de ces activités génératrices de revenu. Cette phase de suivi comprend un accompagnement hebdomadaire de toutes les entreprises développées où sont récoltées les données afin de pouvoir faire une évaluation à la fois qualitative et quantitative. En effet, les filles devaient remplir chaque semaine des fiches d’information afin de connaitre les mouvements de sortie et d’entrée d’argent, les ventes et les achats de matériels, la gestion des stocks.

Durant ce suivi, les formateurs ont remarqué que les commerces de couture et les salons de beauté avaient la meilleure rentabilité. Par contre, pour les entreprises de friperie, seules deux ont réussi à faire des bénéfices. Les autres ont majoritairement décidé de se reconvertir vers la vente de poisson ou de boissons alcoolisées. En ce qui concerne la pâtisserie, le problème a été sur la durabilité car les gâteaux du jour doivent être vendus le jour même. En résumé, les formées qui ont eu fait le plus d’effort et qui ont le mieux su gérer leur commerce ont le mieux réussi. 13% ont une rentabilité supérieure à 75%, 13% entre 50 et 75% de rentabilité, 26% entre 25 et 50% et le reste en dessous de 25%. Plus de la moitié ont donc une rentabilité que l’on peut qualifier au minimum de correct.

Ce projet a permis à 45 anciennes professionnelles du sexe de suivre une formation afin de pouvoir créer une activité génératrice de revenu et 36 ont véritablement créé leur propre commerce, ce qui leur a amené confiance et estime. Sur les 36, plus de la moitié ont un rendement très correct et sur la durée, mais certaines doivent continuer à avoir un accompagnement car elles en ont besoin (changement d’activité, apprendre à mieux gérer leur commerce…). Le but principal de ce projet a permis à ces 36 foyers de voir leur condition de vie s’améliorer.

Le projet va continuer en 2014 pour les 9 qui n’ont pas encore pu monter leur affaire et pour former de nouvelles Professionnelles du Sexe à des activités génératrices de revenu (12 pour 2014). Le temps de formation devrait également être plus long.